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vers l’ouest par des groupes ennemis plus forts, au fur et à mesure que se peuplait la vallée
de Menyamya, d’où les Anga déclarent être originaires. Au terme de ces migrations, les
groupes les plus faibles se sont comme dissous dans les basses terres qui constituent
l’arrière-pays du golfe de Papouasie. À la différence de certains de ces groupes disparus,
dont il ne reste que le nom et le souvenir, les Ankave sont bien vivants, mais le processus
par lequel une partie de la population descend vers la Papouasie pour ne plus en remonter
s’observe encore. Année après année, quelques personnes quittent la Zone des hameaux à
la suite de dissensions pour se rendre dans la zone située à l’extrême ouest du territoire
ankave, où résident généralement une cinquantaine de personnes, dispersées autour de la
New Year Creek. Là, elles ne peuvent en général manquer d’entrer dans un cycle
d’accusation de sorcellerie et de vengeance armée qui, ajouté à la forte incidence de la
malaria, se traduit par un taux de mortalité annuel qui dépasse 10%.
L'originalité de ce mode d’occupation du territoire s’observe spectaculairement dans
le paysage : telle vallée qui, chez d’autres Anga, comme les Baruya (Godelier 1982) ou
les Sambia (Herdt 1981), serait couverte d’un entrelacs de jardin et de savane, les crêtes
seules étant couvertes de forêt, se présente chez les Ankave comme une étendue
presqu’entièrement boisée dans laquelle un œil peu expérimenté discerne à peine les
zones où les cultures ont récemment cessé. De même, au lieu que de gros villages
permanents soient aisément repérables à plusieurs kilomètres, seuls quelques milliers de
mètres carrés de savane herbacée signalent les petits hameaux ankave (voir photo), et 1l
faut qu’une fumée s’élève pour que l’on devine un abri dans la forêt.
Ikundi
D oTaripa
Image €*2012 TerraMetrics
© 2012 Google £
y: Google earth
PE L Q
Fa
7°1739.03"S 145°47'21.20"E élév. 1184 m
Altitude 19.32 km ©)
Ce contraste saisissant entre les paysages produits par des sociétés par ailleurs
largement apparentées (Bonnemère 1993a) n’est qu’une manifestation parmi d’autres de
la diversité des organisations sociale et techno-économique rencontrée chez les Anga.
Contrairement aux apparences, les immenses étendues de forêt où vivent les Ankave ne
sont pas moins une production culturelle que le net damier des jardins et des enclos
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